Diplômes, statuts, contrats… et si on démêlait tout ça ensemble ?

Comme toutes les branches professionnelles, la branche de l’animation possède son vocabulaire, ses diplômes, ses acronymes trop nombreux (vous savez, quand on prend la première lettre d’une série de mot pour en faire un nouveau, comme BAFA par exemple)… mais, en plus, on trouve dans la branche toutes une série d’éléments spécifiques, liés au bénévolat, au volontariat, aux brevets etc. Bref, on peut assez vite s’y perdre, ne rien comprendre voire se faire avoir, dans le pire des cas.

Je voulais donc vous proposer un article pour essayer de faire le point entre tout ça, histoire que demain si on vous propose un CEE à l’année vous sachiez que ce n’est pas légal, et que, non, le BAFA n’est pas un diplôme.

Personne qui se questionne

PS 1 : je me base sur ce que je connais, c’est-à-dire tout ce qui concerne la France, je ne connais pas les spécificités des autres pays, même francophones.

PS 2 : j’écris cet article en mai 2021, les infos sont donc à prendre à cette date (nous ne connaissons notamment pas encore les évolutions des diplômes à venir suite au rattachement à l’Éducation Nationale du 1er janvier 2021)

PS 3 : cet article est téléchargeable en pdf, pour cela il suffit d’aller en fin d’article.

Pour essayer de rendre cela le plus clair possible, j’ai divisé mon propos en trois catégories : statuts, contrats et formation.

Les sujets que j’aborde

Personne qui cherche son diplôme

Les différents types de statuts

Il existe en France trois types de statuts qu’on va trouver dans la branche de l’animation : le bénévolat, le salariat et le volontariat. La différence fondamentale : l’argent donné en rétribution de votre travail (voir le détail dans chaque statut ci-dessous).

Par contre, le statut de la personne qui est présente sur un ACEM n’influe pas sur les éléments suivants :

  • elle doit être déclarée sur le TAM (Téléprocédure des Accueils des Mineur·es), même si elle n’est présente dans l’ACEM que quelques jours,
  • si elle possède un brevet ou un diplôme, elle compte dans les quotas de diplômé·es nécessaires pour constituer l’équipe pédagogique.

Avant de partir dans le détail de chaque statut, un dernier point, qui est un conseil et non une obligation : que la personne ait un contrat, quel que soit son statut. J’en parle un peu plus dans la partie suivante.

Personne qui signe un contrat

Le bénévolat

Il n’existe pas de définition juridique du bénévolat. La définition communément retenue est celle d’un avis du Conseil Économique et Social du 24 février 1993 : « est bénévole toute personne qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial ».

Être bénévole, ça signifie donner son temps gratuitement, dans le sens sans recevoir d’argent pour le travail effectué. Je peux être bénévole dès que le statut juridique de l’organisateur le permet : on parle ici essentiellement d’associations. Les mineur·es peuvent être bénévoles.

Je sais qu’il est possible d’être bénévole pour des collectivités locales (communautés de communes, mairie etc.), mais je vous avoue que je n’ai jamais été dans ce cas là, du coup je ne maîtrise pas vraiment le sujet. Je vais donc rester sur celui que je connais et qui est le plus fréquent : les associations.

Il est possible d’avoir différents niveaux d’implication dans une association, qui peut aller jusqu’à être élu·es au Conseil d’Administration. Je n’irai pas dans le détail ici, si vous voulez aller plus loin je vous conseille le site du gouvernement.

A partir du moment où l’organisateur d’un ACEM a un statut juridique permettant le bénévolat, il est tout à fait possible d’animer et d’encadrer en tant que bénévole, quel que soit le poste occupé. J’ai déjà été directrice en étant bénévole par exemple. Il est bien sûr possible d’intervenir de manière ponctuelle également.

Quand on est bénévole, si on ne reçoit pas d’argent pour son travail, on peut néanmoins se faire rembourser des frais comme les frais kilométriques ou les dépenses engagées. Par contre, cela ne permet pas de bénéficier d’une couverture sociale. S’il n’est pas obligatoire d’adhérer à une association pour être bénévole, dans la branche de l’animation, c’est quasiment toujours une obligation, pour des questions compréhensibles d’assurance.

Personne bénévole

L’absence de lien de subordination

Spécificité du statut de bénévole : la personne n’a pas de lien de subordination. Ça veut dire quoi exactement ? Et bien, que je n’ai pas de supérieur·e hiérarchique, au sens salarial du terme : je ne reçois pas d’ordre et je ne peux pas être sanctionné·e, comme pourrait l’être un·e salarié·e (licenciement, faute…). En tant que bénévole, comme je n’ai pas signé de contrat de travail, je suis libre de mettre un terme à mon engagement sans procédure, ni dédommagement.

Pourquoi ? Ces éléments servent à éviter une requalification de l’activité bénévole en activité salariée, avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour l’employeur.

Mais ça ne veut pas dire faire n’importe quoi  non plus. En tant que bénévole, je suis liée à l’association : je suis tenu·e de respecter ses statuts, ainsi que les normes de sécurité de son domaine d’activité.

Même en l’absence de contrat de travail, le bénévole agit sous l’autorité directe de l’association. Il existe un « lien de préposition », qui se définit comme le droit de donner des instructions. Donc, assez logiquement, si je suis anim, je vais obéir à la personne en direction de l’ACEM. Pour clarifier cette question, je milite pour la signature de contrat bénévole, j’en parle dans la partie suivante.

Pour ceux et celles qui veulent aller plus loin sur cette question du bénévolat, je vous conseille le guide du bénévolat du ministère, qui est très complet.

Personnes en train de construire ensemble

Le salariat : faire de l’animation professionnelle

Quand je suis salarié·e, j’ai signé un contrat de travail et je reçois un salaire pour mon travail. Celui-ci est encadré par des lois plutôt précises. Je ne vais pas vraiment trop développer cela, car c’est le statut le plus connu. Pour la plupart d’entre nous, nous l’avons connu au moins une fois dans notre vie professionnelle.

Être salarié·e signifie avoir des obligations et des devoirs envers son employeur, mais aussi des droits (souvent d’ailleurs trop méconnus). Il y a une chaîne hiérarchique claire (dans la théorie), avec des niveaux de responsabilités différents.

Si vous êtes salarié·es, je vous invite fortement, si vous ne l’avez jamais fait, à aller voir la convention collective de la branche (attention, ce n’est pas la même que celle des centres socio-culturels). Bon ok, les textes légaux ce n’est pas très fun, mais c’est important pour connaître vos droits ! Si jamais vous ne le savez pas, une convention collective est un accord conclu entre des syndicats représentants des salarié·es et des employeurs. Elle définit les conditions d’emploi, de travail et les garanties sociales. Elle complète, en les améliorant ou les précisant, les dispositions du code du travail. Elle ne peut donc pas être moins favorable que ce dernier.

Vous pouvez aussi vous rapprocher des syndicats de la branche, pour mieux comprendre et défendre vos droits en tant que salarié·es.

Personne en trian de parler

Être salarié·e dans une association

Je voulais évoquer rapidement ici la difficulté d’être salariée pour une association. J’en parle en pleine connaissance de cause, j’ai testé. Assez logiquement, il est interdit de faire du bénévolat dans l’association dans laquelle on travaille. Mais très souvent, on mélange salariat et un peu (beaucoup) de bénévolat, parce qu’on défend la cause de l’association toussa toussa.

Et aussi parce que si on veut avoir une association vivante avec des bénévoles, et bien il faut être là dans les moments où iels sont disponibles, c’est-à-dire en dehors de leurs heures de travail (le soir et le weekend, pour la plupart).

Je ne veux pas en faire tout un plat ici et maintenant, et je suis ok que ce n’est pas forcément systématique… Mais ceux et celles qui se reconnaîtront là-dedans savent que c’est éreintant sur le long terme et ça peut être destructeur. D’où l’importance de connaître ses droits, aussi.

Si ça vous intéresse, je vous conseille le très bon essai (petit et simple à lire) Te plains pas, c’est pas l’usine – l’exploitation en milieu associatif, de Lily Zalzett et Stella Fihn, qui décrypte un peu ces questions. Et je remercie Nico, que vous ne connaissez pas mais qui se reconnaîtra, pour me l’avoir offert.

Personne en train de lire

Le volontariat : faire de l’animation volontaire

Je finis mon tour des différents types de statut avec le volontariat, que vous connaissez sûrement sans forcément mettre ce mot dessus. Le volontariat, c’est un statut hybride si je puis dire, un intermédiaire entre salariat et bénévolat. Je rappelle que je parle ici du statut de volontaire en France, et pas à l’étranger.

Les spécificités du volontariat français :

  • C’est un engagement formel, c’est-à-dire que quand je suis volontaire je signe un contrat, qui a forcément une durée limitée. J’y suis soumis·e : j’ai des droits et des obligations par ce biais. Et si je souhaite le rompre, il y aura un préavis.
  • En échange de mon travail, je perçois une rémunération. C’est une somme d’argent, qui n’est pas assimilable à un salaire. Elle est loin d’être aussi conséquente d’un salaire, car il y a justement une partie « engagement », au sens « gratuit » dans ce statut.
  • Le statut de volontaire ouvre droit à une couverture sociale (maladie, accident du travail, maternité, invalidité, décès, …). Un contrat de volontariat peut être signé à partir de 16 ans.
  • Tout comme le bénévolat, il n’y a pas de lien de subordination.

Parmi les formes les plus connues de volontariat : le Service Civique mais aussi (et qui nous concerne plus directement) le statut de tous les « vacataires » en accueils de loisirs ou colos. Iels devraient d’ailleurs plutôt s’appeler « volontaires » que « vacataires ».

Personne qui est étonnée

Les différents types de contrats

Après les statuts, viennent assez logiquement les contrats qui y sont liés. Alors je ne suis pas juriste, et je mettrai ici seulement quelques points principaux.

Si vous êtes concerné·es par un contrat, en statut volontaire ou salarié, et que vous avez un doute, n’hésitez pas à vous rapprocher de la Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS, anciennement DIRECCTE) qui pourra répondre à vos questions sur le droit du travail.

Présentation de différents contrats

Le contrat ou la convention de bénévolat

Techniquement, une personne bénévole ne signe pas de contrat, en tout cas pas de contrat de travail. C’est pourquoi, lorsqu’on veut formaliser le lien entre une personne bénévole et une association, on peut aussi parler de convention.

Quelle est l’idée ? Définir les droits et devoirs de chacune des deux parties. Préciser les modalités d’engagement. C’est un contrat moral, un engagement réciproque.

Que permet-il ? D’officialiser l’action de la personne bénévole, ce qui lui permet d’acquérir un véritable statut, reconnu et admis par ses pair·es. Dans les endroits où se mêlent salarié·es et bénévoles ce n’est pas à négliger : une reconnaissance contractuelle peut apporter de la légitimité à la personne bénévole.

Pour la structure, signer un contrat ou une convention de bénévolat permet de définir de manière saine la relation, afin que toutes les parties y trouvent leur compte. C’est utile dans notre branche, notamment pour définir les quand la personne bénévole est amenée à respecter des exigences liées à la bonne menée de l’ACEM. Par exemple, le respect du fonctionnement et du règlement intérieur, la participation active à tel ou tel moment spécifique, l’obligation d’information en cas d’absence etc.

Le contrat de bénévolat n’est pas prévu par la loi : sa rédaction n’est donc pas obligatoire et son contenu est libre. Pour en savoir plus, je vous conseille d’aller voir cet article ou celui-ci.

Personne qui donne son avis

Le CDD et le CDI

Comme le statut de salarié·e, auquel ces deux contrats sont liés, ce sont les plus connus parmi ceux que je cite dans cet article. Je vous avoue que je m’attarderai encore moins que pour le statut de salarié·e, et je vous renvoie directement vers le site du gouvernement pour en savoir plus.

Allez, quand même, une petite spécificité de la branche : pour ceux et celles qui sont salarié·es sous la convention collective de l’animation, sachez qu’il existe plusieurs modulation pour la gestion du temps de travail.

Il existe en effet la possibilité d’être annualisé·e, comprenez que vous ne faites pas 35h/semaine mais XXX heures dans l’année (il y a deux types de modulation, donc deux calculs d’heures différents). Avec des périodes hautes où vous travaillez plus (les périodes d’ALSH par exemple) et des périodes basses où vous rattrapez les heures plus conséquentes effectuées lors des périodes hautes. Encore une fois, si vous ne savez pas trop où vous situer, je vous renvoie à la convention collective de l’animation (vous la trouverez ici en version pdf, la modulation se trouve à la page 48).

Au niveau des employeurs, il y des structures privées (associations…) et publiques (essentiellement mairie et communautés de communes). Pour en savoir plus sur l’animation dans la fonction publique territoriale, vous pouvez consulter cet article.

Personne qui regarde différents contrats

Le CEE : le contrat des volontaires

Pour finir ce petit tour d’horizon des contrats, on finit avec le Contrat d’Engagement Éducatif, le fameux CEE…. À ne pas confondre avec les Certificats d’Économie d’Énergie ou la Communauté Économique Européenne ! Ben oui, c’est le problème des acronymes, parfois ils cachent plusieurs réalités bien différentes.

Blague mise à part, il s’agit d’un vrai contrat de travail, dans le sens où il engage les deux parties, avec période d’essai, préavis, jours de congés, protection sociale etc. Mais il s’agit d’un contrat particulier puisqu’il déroge sur certains points au droit du travail, notamment sur le temps de travail, le repos et la rémunération. C’est en effet un contrat à la journée : quand je signe un CEE, techniquement, je ne compte pas mes heures, mais mes jours de travail.

C’est un contrat qui peut être utilisé en ACEM et dans d’autres espaces et structures en lien, comme par exemple dans les organismes de formation qui proposent du BAFA et du BAFD. Si je pars en colo, l’organisateur a une obligation de prendre en charge ma nourriture et mon logement (bon c’est assez logique, hein).

Main qui fait OK

Les spécificités de ce contrat

Comme je le disais dans la partie précédente, comme il s’agit d’un contrat qui concerne les volontaires, il n’y a pas un salaire à la clé mais une rémunération. Elle est fixée librement par l’organisateur, mais ne peut tout de même pas descendre en dessous de 22,55€ brut/journée (le minimum est mis à jour sur la page du gouvernement qui présente le CEE). Du coup vous verrez des rémunérations passer du simple au quadruple en fonction de l’endroit où vous cherchez à signer un contrat CEE…

Autre spécificité, la question du repos. Jusqu’à 2015 on faisait ce qu’on voulait, puis l’Europe a déclaré que ça ne fonctionnait pas du tout avec le droit du travail et a mis en place une obligation de repos de 11h consécutive par jour (lol, vous imaginez en colo ?). Comme concrètement c’est quasiment impossible à mettre en place dans les séjours de vacances, il a été imaginé ce qui s’appelle « le repos compensateur ». Grosso modo, vous « rattrapez » vos heures de repos quotidienne à la fin du séjour. C’est relativement compliqué, pour ceux et celles qui veulent en savoir plus vous pouvez consulter la page du gouvernement.

Comme c’est un contrat de volontariat, il a été pensé pour ne pas risquer de remplacer de vrais contrats salariés. Du coup, si je suis salarié·e dans la branche de l’animation (structure qui organise des ACEM, organisme de formation et autre), il m’ est interdit de signer un CEE. Même dans une autre structure que celle qui m’emploie (voir l’article de loi ici). Pour les (vrai·es) volontaires, il est interdit de dépasser 80 jours cumulés de CEE sur une période de douze mois glissants (par ici pour l’article de loi).

Ça va, pas trop épuisé·e par toutes ces infos ?

Se former dans la branche de l’animation

L’idée de cet article, déjà bien long, n’est pas de décrire avec précision les contenus de chaque formation, mais de vous permettre d’avoir une vision claire sur ce qui existe dans la branche. Je ne ferai donc pas un long descriptif de chaque formation, mais je vous donnerai des liens pour creuser si ça vous intéresse.

Une petite précision : dans toutes les formations de la branche, c’est le mot « animateur » ou « directeur » qui est utilisé. Comme ça ne me plaît pas et que je ne sens pas concernée quand on me parle seulement au masculin, j’ai remplacé systématiquement ces mot par « animation » et « direction ».

Que ce soient des brevets ou des diplômes, elles ont toutes un point commun : celle de se passer en alternance. Par là, je trouve qu’on reconnaît le besoin de mettre en pratique ce qu’on voit en théorie, ce qui me paraît plutôt sain.

Personne qui reçoit son diplôme

Les brevets de l’animation volontaire : le BAFA et le BAFD

Pour aborder la question de la formation dans la branche de l’animation, je commencerai avec celles les plus connues, à savoir le BAFA et le BAFD. Leur spécificités ? Ce sont deux brevets, ils sont nécessaires à l’encadrement d’ACEM mais ils ne sont pas diplômants.

La différence entre un brevet et un diplôme

Un diplôme professionnalisant est reconnu au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Ce répertoire regroupe les certifications qui conduisent à un métier. Obtenir un diplôme, c’est recevoir une attestation de toutes les compétences nécessaires à l’exercice de ce métier.

En France, les diplômes sont rangés par niveaux (qui ont évolué en 2019 pour s’harmoniser avec l’Europe). Pour être plus parlante, le baccalauréat est un diplôme de niveau 4 par exemple. Pour consulter cette nomenclature, la page du gouvernement est ici. Cela permet, théoriquement, de pouvoir prétendre à un certain niveau de salaire en fonction de votre diplôme le plus élevé (je dis bien théoriquement).

Le brevet d’aptitude quant à lui, s’il est nécessaire pour encadrer des ACEM, n’est pas reconnu dans ce répertoire. Cela s’explique par la manière dont ils ont été conçus.

Image de deux personnes qui s'interrogent

Un peu d’histoire

Replongeons-nous un instant dans l’histoire : le premier stage de formation, intitulé « Centre d’entraînement pour la formation du personnel des colonies de vacances et des Maisons de campagne des écoliers » a eu lieu en France en 1937, il est organisé par Gisèle de Failly, qui fondera ensuite les Ceméa.

Dans les années 70, ça fait déjà 40 ans que des stages de formation existent en France pour former les personnes qui partent en colo avec des enfants (pas d’accueils de loisirs ou de périscolaire à l’époque). Les personnes qui partent ? Que du personnel occasionnel (l’animation professionnelle n’existe pas encore) : des instits, des étudiant·es etc.

Pour formaliser la formation et l’encadrement des ACEM, sont créés deux brevets en 1972 : le BAFA et le BAFD. Pourquoi je fais un focus là-dessus ? Parce que c’est important de comprendre qu’au départ, ces brevets ont été créés pour des personnes qui partaient occasionnellement, et dont ce n’est pas le métier. Ils n’ont jamais eu vocation, en tout cas dans leur conception théorique, à être des formations professionnelles.

Animatrice avec des enfants

Dans les faits aujourd’hui

Vous me direz qu’aujourd’hui, c’est beaucoup plus flou. Et qu’avec un BAFA ou un BAFD, on peut faire toute une carrière dans la branche.

Cet article n’a pas vocation à faire polémique, alors je ne vais pas partir dans les avantages et inconvénients de cette situation spécifique à la branche de l’animation, qui regroupe des brevets non-diplômants et des diplômes professionnalisants (même si, je vous avoue, ça me démange le bout des doigts d’en parler un peu plus).

Mais il me paraissait important d’avoir ça en tête : si vous n’avez qu’un BAFA – BAFD et que vous êtes professionnel·les de la branche, sachez que vous perdez à ne pas passer, à un moment ou à un autre de votre carrière, un diplôme professionnel. Pourquoi ? Si vous cherchez un emploi, il faudra bien valoriser votre expérience de terrain sur votre CV, puisque vous n’avez pas de diplôme professionnel (et, pour le meilleur et pour le pire, on sait que la France adore les diplômes).

Et il faut bien comprendre que les apports de formation n’ont rien à voir. Si je prends le BAFA, on a un total de 15 jours de formation théorique. En BPJEPS, c’est une moyenne de 90 jours de formation théorique. Vous imaginez bien qu’on a un peu plus de temps pour creuser les sujets…

Personne qui réfléchit

Le Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animation (BAFA)

La formation, organisée en trois stages (deux théoriques, un pratique), permet d’acquérir les bases des connaissances pour animer un groupe d’enfants. Elle donne accès à des postes d’animateur et animatrice. Elle est accessible à partir de 17 ans.

La page de référence pour en savoir plus se trouve ici… Et la page Wikipédia est plutôt bien fournie, au cas où.

Le Brevet d’aptitude aux Fonctions de Direction (BAFD)

La formation est articulée autour de cinq étapes : quatre stages (deux théoriques, deux pratiques) et l’écriture d’un bilan de fin de formation. Le fameux bilan BAFD, pour lequel je vous rappelle que nous proposons une formation gratuite et des accompagnements.

Elle donne accès à des postes dans l’équipe de direction de certains ACEM. En effet, lorsque celui-ci accueille plus de 80 enfants, plus de 80 jours dans l’année, il faut une formation professionnelle (BPJEPS minimum) pour le diriger. L’article de loi est par ici.

Le brevet est valable 5 ans et doit être renouvelé (simple formalité administrative si vous dirigez régulièrement… faut juste ne pas oublier de le faire, haha). Depuis le 1er janvier 2021, il est accessible à partir de 18 ans.

La page de référence se trouve ici. Encore une fois, la page Wikipédia est bien renseignée.

Personnes contentes

Les diplômes professionnels

Dans cet article, je présente uniquement formations professionnelles continues, pas les formations professionnelles initiales (je ne parlerai du DUT Carrière Sociale par exemple). Pour rappel, la formation initiale couvre le cursus scolaire, dispensé par des organismes publics (en version professionnelle, elle couvre les BEP, CAP, Bac Pro, DUT, BTS). La formation continue, quant à elle, concerne les personnes qui suivent un parcours de formation alors qu’elles sont salaries ou demandeuse d’emploi. Vous êtes un peu perdu·es ? Cet article présente bien la différence entre les deux.

Les formation professionnelle continues ne bénéficient donc pas des aides « invisibles » de L’État français. Et donc, vous risquez de vous étrangler en voyant le prix de la formation. Deux choses à noter :

  • C’est le « vrai » prix d’une formation. Quand vous allez à la fac ou en IUT, le reste est pris en charge par l’État (merci à lui, et ce n’est pas ironique).
  • Je vous rappelle ou vous apprend qu’en tant que salarié·e, vous avez des droits à la formation. J’ai croisé dans ma carrière très peu de stagiaires qui payaient leur formation eux-mêmes. Dans 99 % des cas, c’est une prise en charge par votre OPCO (pour lequel vous cotisez chaque mois, hein) dans le cadre du plan de formation de votre structure. Bref, renseignez-vous et faites valoir vos droits !

A part pour le CQP, les diplômes de la branche de l’animation sont délivrés par le ministère de l’Éducation Nationale (depuis le 1er janvier 2021). Bon je pense qu’on continuera à parler de « Jeunesse et Sport » pendant quelques temps, parce que c’est quand même bien ancré, hein.

Je vais essayer d’être la plus claire possible. Il faut savoir que chaque diplôme se divise lui-même en « mention » et « spécialités ». Pour le dire plus clairement, c’est une thématique globale dans la formation. Ces mentions et spécialités donnent bien sûr des acronymes, qui collés les uns aux autres finissent par être assez drôles. Moi par exemple, je suis titulaire d’un DEJEPS ASEC DPTR. Allez dire ça dans une conversation, haha.

Personne incrédule

Vous cherchez une formation ? Vous trouverez ici un calendrier interactif du ministère pour toutes les formations qui finissent en « JEPS » (toutes sauf le CQP donc).

Le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) Animation Périscolaire

C’est le diplôme « à part » de la branche de l’animation. Pourquoi ? Déjà parce qu’il fait partie de la grande famille des CQP, un diplôme transversal aux différentes branches professionnelles, dont la spécialité (ici Animation Périscolaire) donne l’indication de la branche. En conséquence, il est délivré non pas par le ministère mais par la branche directement. Bon, de facto, ça ne change pas grand-chose pour le ou la stagiaire, mais c’était pour infos.

Comme sa mention l’indique, il est orienté vers l’animation périscolaire et donne accès à des postes d’animateur ou d’animatrice.

La fiche RCNP est vraiment bien faite et donne toutes les infos sur la formation. C’est un diplôme de niveau 3 (équivalent CAP ou BEP).

Le Certificat Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (CPJEPS)

Premier niveau des diplômes délivré par le ministère, il est venu remplacer en 2019 le BAPAAT (Brevet d’Aptitude Professionnelle d’Assistant Animateur Technicien). C’est un diplôme de niveau 3.

Par rapport aux suivants, il est plutôt simple, car il n’a qu’une seule mention : « Animation d’activités et de vie quotidienne » (AAVQ). Cela veut dire que si vous voulez passer un CPJEPS, vous n’allez pas vous creuser la tête pour choisir entre plein de thématiques.

C’est un diplôme plutôt généraliste, dans le sens où en termes de contenus on brasse large. L’idée est de voir avec précision tout ce qui concerne l’encadrement d’un groupe d’enfants. Il donne accès à des postes d’animatrice ou d’animateur.

Pour plus d’infos, voilà la fiche RNCP.

Le Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS)

C’est le diplôme le plus connu de la branche, de niveau 4 (équivalent baccalauréat).

Pour les mentions, on commence à s’accrocher. Comme son nom l’indique, il concerne aussi le sport. Nous avons donc trois spécialités : « Éducation Sportive », « Activités Équestres » et « Animation ». Ces spécialités se divisent ensuite en mentions.

La spécialité éducation sportive se divise en 34 mentions (rien que ça) allant de « patinage artistique » à « char à voile » en passant par « pêche de loisir » et « parachutisme », sans oublier « golf ». La spécialité équestre possède quant à elle 5 mentions. Bon, je ne m’attarderai pas, ce n’est pas vraiment directement notre domaine.

Personne qui dit "oh"

Dans la spécialité animation il existe cinq mentions (cliquer sur chacune pour aller sur la fiche RNCP correspondante. Bon je m’y perds moi-même, car sur les fiches individuelles il est écrit « spécialité » et non « mention », alors que le mot « mention » est utilisé sur la fiche de présentation générale de la spécialité animation… ne cherchez pas à comprendre, c’est peine perdue :

En plus de ces mentions, il est possible de faire des Certificats Complémentaires (CC, anciennement Unités Capitalisables Complémentaires). Le plus connu ? Le CC « Direction d’ACM », inclus dans la mention LTP mais optionnel pour les autres mentions. Il permet de diriger des ACEM, avec les mêmes prérogatives que le BAFD.

Ce diplôme donne accès à des postes d’animateur et animatrice, mais aussi directeur ou directrice en fonction de la mention ou du CC choisi.

Le Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS)

Diplôme de niveau 5 (bac + 2), il a la spécificité de faire vraiment monter d’un échelon en termes de responsabilités. Pour le dire plus clairement, il donne accès à des postes de coordination, c’est-à-dire des postes de type « responsable de secteur » dans une grosse structure, jusqu’à des postes de direction dans une petite structure.

Il possède deux spécialités : « Perfectionnement Sportif » et « Animation Socio-Éducative ou Culturelle » (ASEC). Dans la branche sportive, ça ne rigole plus, on trouve… 83 mentions ! Soit autant de disciplines sportives. Mes préférées ? Mention « bowling », mention « canne de combat et bâton », mention « glisses aérotractées nautiques » et bien sûr la mention « pétanque ».

Personne qui essaye de garder son sérieux

Bon sinon dans la spécialité animation, on trouve deux mentions :

  • Animation Sociale (AS)
  • Développement de Projets, Territoires et Réseaux (DPTR)

La fiche RNCP de ce diplôme est ici. Avec un DEJEPS, on est dans la conception et la mise en œuvre de projets, couplée à la gestion, l’accompagnement et la formation d’équipe d’adultes.

Le Diplôme Supérieur d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (DESJEPS)

Et voilà le petit dernier, si je puis dire. Diplôme de niveau 6 (bac + 3), il vise à former des directeurs et directrices de structures. Je ne peux pas m’empêcher de dire que je trouve ça abusé qu’un diplôme qui vise des postes avec de telles responsabilités soit seulement considéré comme un bac + 3, mais ça, c’est une autre histoire.

Comme son prédécesseur, il possède une spécialité orientée sport : « Performance Sportive » et une dans l’animation : « Animation Socio-Éducative ou Culturelle » . C’est étonnant, en sport on change de nom à chaque diplôme (avec clairement une évolution) mais pas en animation…

On a 80 mentions dans la spécialité sportive (je ne suis pas allée chercher lesquelles n’ont pas eu le droit à un diplôme supérieur). Les mentions « bowling » et « pétanque » y ont droit, c’est tout ce que je peux dire.

Et dans la spécialité animation, une seule : « direction de structure et de projet ». Voilà la fiche RCNP, si jamais vous vouliez en savoir un peu plus.

Personne diplômée

J’espère vous avoir aidé à y voir plus clair

Vous voilà enfin arrivé·es à la fin de cet article. J’ai tenté de démêler différentes informations, et j’espère vous avoir aidé. Pour cela, j’ai vérifié mes sources, mais comme je ne suis pas un robot, il se peut que je me sois trompée.

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