C’est le meilleur groupe que j’ai jamais eu… Analyse de la dynamique de groupe lors d’un BAFD

Quand j’encadre un BAFA ou un BAFD, je remarque que les stagiaires s’inquiètent souvent de savoir si leur groupe est « bien » pour l’équipe de formation. Comme s’il y avait quelque chose de rassurant à cela. Ou bien comme si cela leur permettait de confirmer ce qu’iels vivent pendant leur stage. Tout cela parle de la dynamique de groupe.

Je trouve que c’est difficile de répondre à cette question. Chaque groupe a son propre vécu. Ses côtés constructifs. Ses côtés plus complexes à gérer. Parfois des difficultés relationnelles. Oui, il y a des groupes avec lesquels c’est plus simple, et d’autres où on a l’impression d’avoir foiré quelque chose. Mais je ne saurai pas dire quel a été mon « meilleur » ou mon « pire » groupe.

Personne en groupe

Le dernier stage BAFD que j’ai vécu a été particulièrement intéressant au niveau de la dynamique de groupe. Les relations y étaient fluides et constructives. Il y a eu une vraie qualité relationnelle qui a duré les neufs jours de la formation. Rapidement pendant le stage, j’ai eu envie de prendre le temps d’analyser et d’écrire sur cette dynamique de groupe. Mon but étant d’essayer d’objectiver et d’identifier des éléments qui l’ont créée, car je ne pense pas que ce soit quelque chose de magique ou lié au hasard. Un peu comme je pourrais le faire dans un bilan BAFD en somme.

Au sommaire de cet article

C’est quoi, la dynamique de groupe ?

Je vous donne ici ma définition personnelle de la dynamique de groupe. Comme toujours, je prends des pincettes : d’autres personnes en ont sûrement une autre. Ça me paraît quand même important de préciser mon point de vue, histoire que tu saches de quoi je parle.

La notion de groupe

Pour commencer, je dirai que pour moi un groupe c’est un ensemble de personnes rassemblées autour d’un but commun. Elles peuvent avoir des fonctions différentes. A partir du moment où quelqu’un·e est régulièrement en contact avec les autres, iel fait partie de ce groupe.

Dans un groupe, il y a donc les individus, chacun·e avec sa personnalité et son caractère propre. Ce groupe vit plusieurs jours ensemble. Ces personnes vont donc être amenées à entrer en relation, partager, apprendre… Au final, se construire des souvenirs communs.

Mon vécu m’amène à penser que le groupe n’est pas juste la somme des individus qui le composent. Pour moi, au bout de quelques jours de vie commune, il devient une entité autonome avec ses mécanismes propres. Ce sont justement ceux-ci que j’appelle « dynamique de groupe ».

Pingouins qui sautent dans la même direction
Hop, hop, hop, on y va !

La dynamique de groupe

Je considère que c’est tout ce qui dépasse le simple vécu individuel. Elle regroupe l’ambiance, l’émulation collective, la qualité relationnelle générale etc. Elle sera constructive, bienveillante, positive… Ou au contraire malaisante, ennuyeuse et déprimante – et tout autre adjectif au choix.

Personne qui apporte sa part à la dynamique de groupe

Chaque personne présente y participe, la plupart du temps inconsciemment. Cette participation est différente en fonction du statut de la personne. Un·e stagiaire n’apportera pas la même chose qu’une formatrice ou un formateur (sans jugement de valeur).

J’ai déjà croisé des collègues qui m’ont affirmés que la dynamique de groupe se créée uniquement entre stagiaires et seulement grâce – ou à cause – d’eux. Je ne suis pas d’accord. Penser cela, c’est se dédouaner de sa responsabilité dans la création et le maintien de celle-ci. Il me paraît absurde de parler de dynamique de groupe en ne parlant que des stagiaires. Car pas de stagiaires sans équipe de formation. Et inversement.

En tant que formatrice et membre du groupe, je vais y participer, que je le veuille ou non. Personnellement je préfère savoir ce que je fais… Et pourquoi je le fais. Je ne suis pas garante d’une dynamique de groupe positive, car je ne suis qu’une individue au milieu d’autres. Mais j’ai néanmoins un impact spécifique sur elle. L’équipe de formation tient en effet le cadre, de part ses fonctions.

Personne qui tient un cadre

Quelques éléments descriptifs

Ce qui est difficile avec ce genre d’exercice, c’est de réussir à te donner assez de clés de lecture pour que tu comprennes ce que j’ai vécu. Ben oui, moi j’y étais, pas toi… Je vais donc essayer de poser suffisamment d’éléments pour que tu puisses te faire une idée.

Contexte du stage

Concrètement ici, le but partagé de ce groupe étaient la formation générale BAFD. 9 jours de formation, avec une amplitude horaire large (quasiment 10h par jour ensemble). Le stage était en demi-pension : nous mangions ensemble à midi à la cantine, chacun·e rentrait chez soi le soir.

Notre groupe était constitué de 14 stagiaires, encadré·es par une équipe de formation composée de 2 formatrices (présentes tout au long du stage) et d’un formateur en formation, présent essentiellement les après-midi. Ce dernier était en observation, il a donc pris part à un certain nombre de discussion et de temps, mais sans avoir une part active dans la menée des temps de formation.

Niveaux locaux, nous étions dans un CREPS (Centre de Ressources, d’Expertise et de Performance Sportive). Nous étions dans un bâtiment plutôt petit, comparé au reste du centre. Nous y avions loué deux salles de formation. Une première très grande, carrelée, plutôt froide – dans tous les sens du termes, car il y avait des soucis de chauffage. Une deuxième plus petite, plus cosy, moquette au sol et chaises rembourrées. A midi, nous mangions à la cantine, en self.

Dernier élément : dans le même bâtiment se tenait une autre formation générale BAFD, sur les même dates, mais avec un autre organisme de formation.

Personne formant un groupe

Description de la dynamique de groupe

Comme tu l’auras compris, elle a été très positive. Dès le deuxième jour, les stagiaires ont commencé à partager des éléments de leurs expériences, non seulement professionnelles mais aussi personnelles. Y compris des vécus douloureux ou difficiles.

Un des éléments marquant de ce groupe a été la bienveillance qui a existé. Je sais que c’est un terme très à la mode, qui ne veut pas forcément dire grand-chose. Mais je l’ai vraiment expérimenté pendant ce stage. Concrètement, j’ai vu très peu de jugements interpersonnels dans les relations. Les personnes étaient vraiment libres de donner leurs avis et idées sans risques de se faire moquer ou qu’on les regarde de travers.

Une vraie place a été accordée à chaque personne présente. Une attention globale aux autres et à chacun·e. Une liberté pour exprimer ses besoins et qu’ils soient entendus. Le mot dynamique a pris ici tout son sens. C’était un vrai mouvement vers une construction collective, dans la joie et la bonne humeur. Et elle s’est maintenue durant toute la formation, malgré la fatigue, chose assez rare pour le souligner.

Mais c’était vraiment le monde des Bisounours ma parole ! Haha, pas complètement, c’est impossible. Je parle des limites que j’ai pu y voir un peu plus bas, pour l’instant restons dans le positif. Je m’intéresse justement à comprendre ce qui a permis cette dynamique hyper agréable à vivre.

Le monde des Bisounours

Analyse de la dynamique de groupe

Le cadre posé et comment chaque personne s’en empare (ou pas)

En tant qu’équipe de formation, nous posons – consciemment ou inconsciemment – un cadre au groupe. Ce cadre et ses composantes sont une invitation à la création d’une dynamique de groupe qui aille dans tel ou tel sens. En fonction de ce que l’équipe met en place, cela va influencer plusieurs choses. Notamment la manière dont les personnes vont entrer en contact et débuter leurs relations interpersonnelles. Cela reste néanmoins seulement une invitation, et les stagiaires vont s’en saisir plus ou moins – tout cela de manière souvent inconsciente pour le coup.

Pour prendre une image, cela revient à poser des pierres et autres éléments pour influencer le passage de l’eau. Parfois cela va fonctionner : la rivière ira dans l’endroit et le sens qu’on voulait. Et parfois, elle ira ailleurs. La dynamique de groupe se construit de manière identique. En tant qu’équipe nous pouvons – devons ? – poser des jalons pour orienter la dynamique de groupe.

Personne qui demande son avis aux autres

Le stage va passer très vite, même si cela paraît long de prime abord. Il sera aussi très intense, car les contenus sont nombreux et conséquents. Enfin, les stagiaires vont traverser des zone de turbulences émotionnelles. On ne devient pas directeur ou directrice sans passer par des phases de doutes, de questionnements, de remises en question etc.

Créer une dynamique de groupe constructive est pour moi un moyen privilégié pour que chaque stagiaire vive son stage au mieux et qu’il lui soit le plus profitable possible.

L’importance du premier jour de formation

Pour créer cette dynamique, j’accorde un soin particulier au déroulé du premier jour de formation. Il est primordial dans cette création. Il va donner la coloration du reste de la semaine.

Quand les stagiaires arrivent, iels sont sur le qui-vive, stressé·es, en phase de découverte d’un nouvel environnement etc. Bref, méfiant·es. Mon but, c’est que chaque personne se sente en sécurité tout au long de la journée et en repartant le soir.

Voilà les ingrédients principaux que je mets en œuvre pour y arriver :

  1. L’accueil. Pour leur montrer qu’on est là pour eux : d’abord leur permettre de trouver facilement la salle. Cette fois-ci, c’était de petits panneaux disséminés tout au long du chemin, en mode « carte au trésor », avec un peu d’humour. Ça donne aussi le ton de qui on est, même si personne ne le conscientise. Et quand iels sont arrivé·es à la salle, un café ou un thé, des petits gâteaux les attendaient.
  2. La rencontre. Une fois que tout le monde est arrivé, on commence directement par jouer. Des jeux de connaissances brise-glace, type bingo ou autre. Et ensuite une démarche pour se rencontrer un peu plus, avec un affichage au mur qui permet de faire exister chacun·e concrètement sur les murs. Ça occupe toute la matinée. Ça permet de se rencontrer et d’amorcer cette fameuse dynamique de groupe positive.
  3. L’individuel et le collectif. L’idée, c’est de permettre au collectif de se créer, mais pour cela les individus doivent construire leur relation de confiance. Les temps de la journée alternent donc des moments en petits groupes et d’autres plus individuels. Ils permettent de se recentrer sur soi et de ne pas être confronté·es aux autres tout de suite.
Personne qui se questionne

Le reste du stage

Favoriser une dynamique de groupe constructive, c’est permettre à chaque personne d’y participer activement. Donner une place à chacun·e et ouvrir des opportunités pour permettre au groupe de s’emparer du cadre et de le faire évoluer tout au long de la formation.

Dans l’organisme de formation dans lequel je suis formatrice, ce qui est important c’est que chaque personne construise une vision personnelle de sa future fonction. Et qu’elle sache le partager et expliciter ses positionnements, avis, idées etc. Pour arriver à cela, nous utilisons ce qu’on appelle les méthodes actives. Les démarches pédagogiques utilisées favorisent l’implication des stagiaires, la réflexion collective, le travail en petit groupe etc.

Ce cadre pédagogique favorise les échanges, discussions et débats. Il va accentuer le sens dans lequel la dynamique de groupe avance. Concrètement, s’il y a de l’écoute, cela va en générer d’autant plus. Mais s’il y a des déséquilibres dans les prises de paroles, cela va les accentuer.

Notre rôle, en tant qu’équipe de formation, consiste à orienter les prises de paroles, à favoriser celles qui vont dans un sens constructif et arrêter les autres. Ce qui a été très intéressant avec ce groupe, c’est qu’il y a très rapidement eu une vraie qualité d’écoute de l’autre.

Dans le cadre de la dynamique de groupe, le cadre posé par l’équipe de formation n’est au final qu’une invitation à laquelle les individus répondent plus ou moins. Il s’avère que ce groupe s’en est emparé très rapidement. Pourquoi ? Eh bien, pour le coup, je pense que cela tient aux personnes qui composaient ce groupe justement.

Personne qui discutent

La place des individus

C’est sûrement le point qu’on maîtrise le moins dans la dynamique de groupe. Et c’est là où ça « matche » plus ou moins. Dans ce cas, il s’avère que les différentes personnalités se sont vraiment bien trouvées.

Je pourrais vous décrire les qualités de chaque personne présente dans cette formation. Mais je n’ai aucune influence sur qui iels sont en tant qu’individus, ça n’aurait donc pas vraiment de sens. Je ne peux que vous parler de moi et de mon positionnement personnel.

Ma fonction de formatrice

En tant que formatrice, je suis garante de la sécurité des stagiaires. Ça vous rappelle peut-être quelque chose ? Cela me tient particulièrement à cœur, notamment pour tout ce qui touche à la sécurité morale et affective.

Favoriser une dynamique de groupe positive est une manière très concrète pour moi d’arriver à cela. Tenir le cadre, c’est aussi s’assurer que mes actions vont dans le sens de cette dynamique constructive. C’est donc être particulièrement attentive aux relations interpersonnelles. Stopper directement quand les paroles deviennent agressives ou malaisantes. Donner la parole à celles et ceux qui la prennent moins, tout en m’assurant de ne pas les mettre en difficulté, etc. En bref, prendre soin des individus au sein du groupe.

Personnes donnent des avis différents et alimentent la dynamique de groupe

Pour permettre cela, je suis très attentive et observatrice. Je regarde, je prends note intérieurement. Il est très important pour moi de faire un « suivi stagiaire » tous les soirs en réunion. Pour cela, nous avons un classeur avec une feuille par personne. Chaque jour, nous prenons le temps de parler de chacun·e et de noter quelques éléments. Cela me permet de profiter de la vision de chaque formateur et formatrice pour être sûre de ne rien rater de la vie du groupe. Prendre quelques minutes pour chaque stagiaire me permet d’être sûre que rien n’est laissé de côté ou minimisé.

Par exemple, le troisième jour, cela nous a permis de constater que deux stagiaires qui se connaissaient avant le stage (car travaillant au même endroit) s’était naturellement séparées dans la création des groupe de travail. En conséquence, nous n’avons pas eu besoin de mettre en place un mécanisme pour les séparer pour qu’elles s’intègrent plus facilement au reste du groupe, puisqu’elles l’avaient fait d’elles-mêmes.

En tant que personne

J’ai un réel intérêt pour les personnes. J’aime partager et échanger. Créer des relations vraies avec les personnes. En tant que formatrice, je sais que j’ai un pouvoir sur les stagiaires et que je ne peux pas avoir une relation dénuée de ce poids pendant le stage.

Mais cela ne m’empêche pas de prendre le temps de les rencontrer autrement, c’est-à-dire en dehors des temps de formation. Par exemple en mangeant ensemble à midi. Ou pendant les pauses, de me joindre au groupe plutôt que de rester dans mon coin.

J’adoooooooooore parler, et j’essaye de me contraindre pendant les temps de formation. Par contre, je me fais plaisir pendant les pauses et à midi. Eh oui, il faut aussi que je me sente bien et que je comble mes besoins pour pouvoir donner le meilleur de moi-même… Je n’ai pas peur de parler de moi, de partager des expériences plus ou moins glorieuses, voire des éléments de mon vécu personnel. Comme je le disais, les stagiaires de ce groupe se sont vraiment livré·es et j’ai fais de même.

Je pense que cette attitude, que nous partagions au sein de l’équipe de formation, a favorisé la dynamique de groupe. Nous étions dans le même état d’esprit que les stagiaires, et cela a encouragé mutuellement les partages.

Enfin, j’aime prendre soin. Tous les matins, je me suis levée plus tôt le matin (je dormais sur place) pour faire couler le café et chauffer l’eau. J’y allais avant de prendre mon petit-déjeuner. Je ne l’ai pas seulement fait parce que je suis gentille. C’est important pour moi que les stagiaires arrivant plus tôt – car venant de loin – se sentent accueilli·es. Un petit geste, qui montre que je suis attentive aux autres. Et qui, j’espère, donne envie de faire pareil…

Coeur

Les expériences vécues ensemble

Un indicateur intéressant concernant la dynamique de groupe, c’est d’observer ce qui est vécu ensemble et comment cela est vécu.

Les baleines

Le premier jour, nous avons mis en place une démarche nommé « les blasons ». Chaque personne créé une affiche avec son prénom, ses centres d’intérêts – représentés par des couleurs – et son caractère. Ce dernier est représenté par un ou plusieurs animaux. Il y a ainsi une liste prédéfinie d’adjectifs et d’animaux. Par exemple otarie = joueur ou joueuse. Chien = sincère. Poussin = sensible, etc. Chaque personne choisit dedans le ou les animaux qui la caractérise et les fait apparaître sur son blason. Pour que ce soit plus parlant, je te la partage en fin d’article.

Image de baleine

Un des animaux est baleine = bienveillant·e. Il s’est avéré que plusieurs personnes dans le groupe avait cet animal sur leur blason. Quelqu’un·e en a fait la remarque pendant une pause, et s’est instauré un réel délire autour des baleines.

C’est ainsi devenu une habitude de dire « pense baleine, respire baleine, sois baleine » et à commenter « c’est baleine » ou « ce n’est pas très baleine » etc. C’est devenu un référentiel commun.

Ce que je trouve intéressant avec cela, c’est que ça a été la construction d’un réel vécu commun interne à ce groupe. Ce n’est pas venu de l’extérieur, mais de l’intérieur. Je ne saurai te dire exactement comment cela s’est passé concrètement. Ce que je constate, c’est que c’est venu confirmer l’existence de ce groupe comme entité propre.

J’ai connu des évènements similaires au sein d’une équipe d’animation, où nous avions vraiment réussi à nous forger nos délires entre nous. Ce que je peux dire, c’est que s’il existe des éléments de ce type là, des « private joke », c’est le signe qu’il y a une vie de groupe. Mais si c’est seulement entre certaines personnes du groupe, alors ça ne vient pas alimenter une dynamique de groupe globale…

La comparaison avec les autres

Comme je le disais en descriptif, un autre groupe était en BAFD en même temps que nous, mais pas du même organisme de formation. Élément assez spécifique, une de nos stagiaire avait une collègue de travail dans cet autre groupe. Les échanges entre les stagiaires des deux groupes pendant les pauses en ont donc été encouragés.

Je vous parle de cela car je pense que la comparaison d’avec l’autre groupe a favorisé la dynamique existante au sein du nôtre. Deux choses ont beaucoup variées d’un groupe à l’autre. D’un côté les méthodes pédagogiques et de l’autre la relation équipe de formation – stagiaires.

Les méthodes vécues par l’autre groupe étaient plus classiques, plus descendantes. Je ne dis pas que c’est mieux ou moins bien. Je sais que, personnellement, j’ai choisi les méthodes actives. Et que le groupe que nous avions a particulièrement accroché avec ce cadre, comme je vous le disais avant. Dans leur échanges avec les autres stagiaires, cela est ressorti assez fortement, iels se demandaient comment les autres faisaient pour tenir toute la journée.

Dans la relation équipe de formation – stagiaires, je n’ai pas eu l’impression qu’il y ait eu beaucoup d’échanges entre les formateurs et le groupe en dehors des temps de formation. Cela a mis en exergue la proximité qui a existé au sein de notre groupe.

Je suis persuadée que cela a contribué à ce que la dynamique de groupe se maintienne sur la durée. La comparaison plus ou moins directe d’avec l’autre groupe nous a été profitable, par l’image positive qu’elle renvoyait de la dynamique existante. Et donc, plus ou moins consciemment, l’envie qu’elle perdure sur la durée.

Image d'un groupe

Mais alors, c’était vraiment le monde des Bisounours ?

Haha, on dirait, hein ? Bon, je vais essayer de finir sur une note réaliste. Oui, les individus de ce groupe se sont emparés du cadre posé par l’équipe de formation très rapidement. Oui, il y avait une qualité d’écoute et de bienveillance impressionnante dans le groupe. Et ça a tenu sur toute la durée de la formation.

Mais, sincèrement, ça n’aurait pas pu tenir beaucoup plus longtemps. Les deux ou trois derniers jours, j’ai pu observer que ça commençait à s’effriter. La longueur des journées, alliée à la fatigue, font que chacun·e fournit moins d’effort dans la relation aux autres. C’est tout simplement humain. Paradoxalement, on se connaît mieux, alors on fait moins attention aux autres.

J’en suis moi-même le meilleur exemple. Le septième jour, ayant mal interprété un évènement qu’on m’a rapporté, j’ai fait un sermon à tout le groupe sous le coup de la colère. J’étais vraiment énervée. Alors qu’a priori, c’est une succession de choses sans rapport direct les unes avec les autres qui se sont passées. Et même si ça n’a pas eu d’impact global, cela a crée du quiproquo et de l’incompréhension. En bref, j’ai mis de la discorde et du mal-être là où il n’y en avait pas.

Avec la fatigue, chaque personne est aussi plus sensible aux caractères des autres. Notamment ceux avec qui on s’entend moins bien. Il y a moins de bienveillance, des taquineries plus ou moins lourdes apparaissent. Les taquineries, c’est compliqué, car parfois on en rit par politesse, alors qu’on est vraiment blessé·e. Aller en parler à l’autre, qu’on ne connaît finalement pas si bien que ça, et lui dire qu’on s’est senti·e mal, c’est vraiment compliqué sans médiation. Je sais que ça a existé aussi dans ce groupe.

La dynamique de groupe, c’est de la bombe

J’espère que tu me pardonneras ce titre pourri, vu que j’ai écris plein de trucs avant mon cerveau commence à fatiguer…

J’ai adoré vivre ce stage, parce que c’était super agréable. Et j’ai trouvé que c’était vraiment intéressant d’en profiter pour analyser un peu plus la dynamique de groupe, comment elle s’était construite et ce qui l’a favorisé.

Personne qui donne une idée

Sur cette question, il n’existe pas de recette miracle. En tous cas, si tu es garant·e du cadre de ton groupe (dans l’équipe de direction par exemple ou en formation comme je l’ai été) et si tu ne dois retenir qu’une seule chose, c’est : tu as un rôle à jouer. A toi de réfléchir comment et par quel biais tu vas favoriser ou entretenir une dynamique de groupe positive. Ce qui est sûr, c’est que tu as un impact dessus.

Si ça t’es déjà arrivé, tu sais aussi qu’une dynamique de groupe positive, c’est un des éléments qui permet d’avoir envie de se lever le matin pour aller bosser, tout simplement. A toi de jouer…

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Image de baleine

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1 réflexion sur “C’est le meilleur groupe que j’ai jamais eu… Analyse de la dynamique de groupe lors d’un BAFD”

  1. Sincérité simple à partager avec les stagiaires
    Les attentes réciproques j’offre je demande
    Mes ressources que je veux partager pratique théorie jeux livres aventurres ect
    Mercis pour vos propositions Tracq Serge

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